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0/10Destoop a adapté pour la scène le roman d’Octave Mirbeau : violent réquisitoire contre les mœurs bourgeoises du temps (il parut en 1900), mais portrait de femme aussi, portrait pénétrant et acerbe de Célestine, la femme de chambre. C’est au portrait justement que s’attache Jacques Destoop dans son adaptation : en scène, l’unique Célestine qui raconte, se souvient, nous prend à témoin de sa vie et nous entraîne.
Armelle Héliot (Le Quotidien de Paris, 1981)
Siècle abominable. On n’en croit ni ses yeux ni ses oreilles. Le génie de Mirbeau ne passe rien sous silence. Le décor de Jean-Philippe Bertrand s’enveloppe de la trompeuse chaleur de ces foyers de campagne où la paix n’est qu’apparente, où l’orage couve (et ses relents sexuels) sous l’hypocrite respectabilité des rideaux à fleurs et des parquets cirés.
Patrick de Rosbo (Le Quotidien du Médecin, 1981)
Ce voyage au fond des mœurs grassement étalées de la bourgeosise triomphante, patriote, catholique par habitude et antisémite, a la précision d’une radioscopie de la France moyenne façon Ille République. Bien après Zola et Maupassant, le texte est toujours parcouru des mêmes nerfs et inondé du même sang ; et Célestine rejoint les grandes et sombres figures de Gervaise, de Nana ou de Boule de Suif, dans la dénonciation la plus implacable qui fait de la parole un couperet de guillotine. Sous le flot des mots tombent les masques.
Emmanuele Klausner (La Croix, 1981)
