On ignore son nom. Son pronom, c'est je. Il parle à la première personne pour mieux s'exprimer au nom de tous. Ce type-là s'engouffre tout entier, corps et âme, dans les fêlures ouvertes par les secousses de l'existence, s'y égare avec délices, et, dans ce dédale ombreux de culs-de-sac, satisfait ses petites fantaisies.
Ce je faussement anonyme, c'est notre part d'inavouable : nos petites envies de tuer, non rêves de soumissions perverses, nos fringales de gloire ou, quand les choses de la vie nous dépassent, notre résignation à s'incliner devant la fatalité. Ce je, c'est vous autant que moi, mais, cela, il ne faut pas l'ébruiter, car on nous prendrait pour des fous.
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