Un dimanche dans une ferme d'un village du Nivernais. Les parents d'Henriette et de Maire, M. et Mme Répin, tentent, depuis plusieurs années, de trouver un époux à leur fille aînée. C'est qu'Henriette n'est pas bien belle... «...trop grande. Sa taille effrayante intimidait les hommes. Elle était aussi trop rouge, et, la figure couverte de taches ardentes, elle faisait à toute heure l'effet de s'être barbouillée en gavant, avec son délayé, des volailles de concours.» La cadette, plutôt mignonne et pressée de se marier, trouve que sa sœur «lui bouche le chemin», mais le Père n'y dérogera pas, les noces de l'aînée d'abord.
Alléché par la dote des demoiselles, M. Gaillardon, un maquignon des environs « très à l'aise déjà en pleine maturité », négocie, faisant d'une pierre deux coups, l'achat d'une vache et ses épousailles. Le Père, ravie, croit qu'il a jeté son dévolu sur son aîné, mais lui a appréciée la plus accorte des deux sœurs. De quiproquo en quiproquo, M. Gaillardon finit par obtenir la jolie Marie. Henriette, bonne fille, cède sans regimber la place à sa sœur, et se résigne à attendre qu'un prétendant veuille bien d'elle. M. Gaillardon a-t-il vraiment fait le bon choix, car comme dit Jules Renard, « la laide donne plus » ?