Les deux pièces que nous publions ici en témoignent. Elles nous parlent en effet, mais sur deux modes totalement opposés, du même sujet : la répression qui s'est abattue sur les manifestants altermondialistes lors du sommet du G8 à Gênes au printemps 2001. Répression illustrée par la mort du jeune Carlo Giuliani, tué par un carabinier. Gênes 01 est structuré par les voix de personnages qui commentent les événements, se les rappellent, et mènent l'enquête. Ces voix construisent un espace de discussion sur la scène. Peanuts n'a pas pour objet précis le sommet du G8. Mais la pièce traite davantage les problèmes soulevés par ces événements, les facteurs qui les ont permis. Elle se concentre sur une bande de copains, en amont et en aval du sommet. Elle est écrite en courtes scènes, comme les planches de la bande dessinée Peanuts, dont les personnages sont des avatars. La recette est surprenante, mais le résultat est remarquable : les répliques incisives, les jeux d'écho et de contrepoint entre les scènes des deux parties, l'humour côtoyant toujours l'horreur quotidienne ou policière. A la fin, il y a des méchants et des victimes €“ mais ou sont les bons, ou sont les justes ? On peut après tout refuser de cautionner une répression policière, mais ensuite ?